Livre du jour : Stefan Zweig : Un mariage à Lyon

Livre du jour Stefan Zweig Un mariage a

Langue originale: Allemand
Titre original: Mariage lyonnais et autres histoires
Traduction: Tiana Puig (édité en catalan) / Berta Vias Mahou (édité en espagnol)
Année de parution : 1927
Évaluation: tout va bien

Je pense qu’il y a un large consensus dans la communauté des lecteurs sur la qualité littéraire de Stefan Zweig et son énorme capacité à imaginer et étudier la condition humaine. Dans ce livre très court d’un auteur autrichien, on retrouve l’histoire principale qui donne son nom à cette œuvre, et trois histoires complémentaires très différentes les unes des autres et traitant de sujets un peu différents de ce à quoi nous sommes habitués.

A tel point que le livre débute par une histoire qui lui donne un nom et qui occupe pratiquement la moitié de la longueur du livre. Dans ce “Mariage à Lyon”, l’auteur nous ramène à Lyon en 1793, lorsqu’un décret fut signé stipulant que “tous les bâtiments de la ville insoumise doivent être démolis et les monuments réduits. La condamnation est telle qu’ils les mettent en l’endroit où ils ont dû être punis, et l’auteur se concentre sur l’un des endroits où les détenus attendent leurs dernières heures pour raconter l’histoire de deux jeunes hommes qui ont été emprisonnés juste le jour où ils étaient censés se marier. des sentiments des deux fiancées, qui coïncident par coïncidence dans les sous-sols de la mairie, où les forçats restent confinés. de le faire en tant que son conjoint légal ». Mais et là Zweig fait allusion à une caractéristique commune à toutes les histoires du livre, faisant preuve de gentillesse et de solidarité, car parmi les prisonniers il y a un aumônier rebelle qui propose de “les unir avant les saints mariages avant les témoignages” et le Dieu omniprésent. ” Cette histoire est un hymne à l’amour, à la solidarité, à l’humanité et à la vie, à exploiter et à en profiter jusqu’à la dernière minute et dans toutes les situations, car “le souffle de vie n’est pas rendu” et Zweig le met en place très précisément comme s’il s’agissait d’un jouer qui décrivait parfaitement l’appareil, les personnages et le paysage. Et de même, il en profite pour faire des critiques claires et évidentes de la terreur jacobine introduite pendant la Révolution française par des noms tels que Fouché, Robespierre, Barère ou Couthon, créant ainsi un cadre historique environnemental reconnaissable pour le lecteur.

Dans le deuxième récit, “La Marche”, l’auteur nous situe en Judée au temps de Jésus-Christ, et dans cet environnement géographique et historique, il nous raconte l’histoire d’un jeune homme qui commence son voyage à Jérusalem pour trouver le Sauveur . . A mi-chemin, il s’arrête à la maison pour reprendre son souffle et reprendre des forces, et malgré les tentations qu’il y trouve, le fidèle jeune homme continue son chemin avec foi et détermination. L’auteur sait transmettre les doutes et les tentations du personnage principal dans cette histoire, tout en montrant la lutte contre la luxure.

Dans ces deux textes originaux. Zweig se distingue par son récit traditionnel, dans lequel les classes supérieures de la géographie d’Europe centrale et la relation entre les hommes et les femmes de haute naissance jouent un rôle. Ainsi, avec ces récits, l’auteur modifie le registre en déplaçant le récit vers une situation religieuse mais non prosélytique, mais place les récits à certains moments historiques pour faire un portrait purement indirect d’une époque où la religion dominait les principaux élans de l’humanité : la dévotion , la culpabilité et la foi.

Dans la troisième histoire, The Unforgettable Man, Zweig revient sur la scène où il a la meilleure performance et nous raconte une histoire qui tourne autour de la bonté, de l’altruisme et de la générosité comme notre plus grand atout et qui, en pratiquant régulièrement et spontanément, peut faire société un lieu de vie convivial. Il est clair que le message est extrêmement utopique, même s’il a besoin d’être porté pour faire ce premier pas, au moins dans ce sens : la sensibilisation. L’humanité et la bonté que l’histoire véhicule, ainsi que les valeurs qu’elle protège, doivent toujours être prises en compte (et, si possible, suivies) car elles véhiculent un scénario où la cupidité et l’individualisme n’ont pas leur place.

Déjà dans la dernière histoire “Two Lonely”, l’auteur fait des personnages principaux de l’histoire deux personnes exclues de la société, qui se rencontrent et se rencontrent, se comprennent et fraternisent, trouvent en l’autre ce qui l’habite, créent une union et une fraternité qu’eux seuls peuvent probablement faire une telle communication.

Après avoir analysé les différentes histoires de cet ouvrage, on peut dire qu’il s’agit d’un livre un peu atypique dans l’univers de Zweig, car dans ses deux premières histoires il traite clairement de l’aspect religieux et on peut presque penser qu’il lit Erri de Lucale, car critique de certaines classes, mais aussi sa création pour le bien sans exagération. En revanche, les deux dernières histoires abandonnent le sujet et reconnaissent peut-être mieux l’empreinte de l’auteur autrichien, bien qu’elles ne démontrent malheureusement pas pleinement l’énorme talent et les compétences de narrateur de Zweig, qu’il démontre généralement en grande partie dans ses œuvres, qu’il s’agisse d’essais ou de fiction.

Pour cette raison, il s’agit d’un livre court, très court qui se lit d’une traite et qui, à mon avis, ne fait pas partie de ses meilleurs ouvrages. Et dans ce cas, ce n’est pas du tout un problème d’extension, car Zweig a bien montré qu’il maîtrise des histoires courtes telles que “Fear”, “Burning Secret”, “A Letter from a Stranger” ou “Twenty- Quatre “heures dans la vie d’une femme. Dans ce cas, la raison est le contenu, l’absence d’effet, car on retrouve un ton plus doux, moins profond et plus mesuré, même si en tout cas on peut toujours trouver des éléments intéressants dans ces histoires, comme dans toute l’œuvre de Zweig.
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Oliver Langelier

Une peu plus sur moi, passionné par les nouvelles tek et l'actualité. Je tâcherai de retranscrire toutes mes découvertes. Oliver Langelier